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Le blog de Christophe Lamoure

MARCEL CONCHE, Entretien

4 Février 2010 , Rédigé par Christophe Lamoure Publié dans #Textes



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 Entretien paru dans "Philosophie magazine".

Marcel Conche : « La mort ne peut plus m'enlever ma vie »

Marcel Conche, à l'occasion de la parution de son Journal étrange, nous a reçus chez lui, dans l'Ain. Il revient sur ses origines paysannes, son athéisme, sa conception de la nature, de la morale et sa vision de la mort. « A sauts et à gambades », comme le disait son maître Montaigne, se dessine une sagesse libre, loin de tout dogmatisme, ouverte sur l'être, disponible à l'autre.

Propos recueillis par Juliette Cerf

Philosophie Magazine
 : Votre philosophie, athée, découle en partie d'une réflexion sur la souffrance des enfants comme « mal absolu ». Dans Orientation philosophique, vous écrivez : « La souffrance des enfants devrait suffire à confondre les avocats de Dieu. » Pourriez-vous développer cette idée ?

Marcel Conche : Philosopher par soi-même, cela veut dire être initialement bouleversé par une expérience fondamentale. Schopenhauer a dit que toute philosophie n'était que le développement d'une unique pensée. Bergson a repris cette idée. En ce qui me concerne, l'expérience initiale à partir de laquelle s'est formée ma philosophie fut liée à la prise de conscience de la souffrance de l'enfant à Auschwitz ou à Hiroshima comme mal absolu, c'est-à-dire comme ne pouvant être justifié en aucun point de vue. L'article véhément que vous citez est initialement paru dans la Revue de l'enseignement philosophique en 1958 ; je l'écrirais autrement aujourd'hui. Dans le numéro suivant, Albert Sandoz publiait une réponse où il reprochait au comité de rédaction d'avoir laissé passer sans aucune réserve un tel article. Albert Sandoz eût dû voir dans mon article une invite à purifier sa conviction chrétienne de toutes les scories qu'a produites chez les théologiens et les philosophes théologiens la rationalisation de la parole. Mais Sandoz philosophe pouvait difficilement comprendre qu'il devait, en tant que croyant, renoncer à la réflexion. Si j'ai souvent dit que la notion de Dieu n'est pas une notion philosophique, c'est pour que mon argument à partir de la souffrance des enfants n'ait pas de portée contre la religion comme forme de vie. Je m'en prends aux philosophes théologiens, aux justificateurs de Dieu, non à ceux qui croient à la révélation.



Pour lire la suite de l'entretien, rendez-vous sur le site de "Philosophie magazine" :

http://www.philomag.com/article,entretien,marcel-conche-la-mort-ne-peut-plus-m-enlever-ma-vie,56.php



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