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Le blog de Christophe Lamoure

LA BÊTISE, BIS

9 Novembre 2010 , Rédigé par Christophe Lamoure Publié dans #Textes

 

 

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Quelle n'a pas été ma surprise ! Après les quelques notes publiées sur la bêtise, certains lecteurs se mêlent de discuter tel ou tel point, regrettent que j'ai négligé tel aspect, suspectent des confusions, rivalisent de références... A ceux-là, je dis tout net :

« Pour ce qui regarde la bêtise, je crois pouvoir prétendre, sans vouloir me vanter, que je sais de quoi je parle. Celui ou celle qui m'en remontrera, croyez-moi, n'est pas né. Si même je possède une quelconque forme d'expertise, qualité si recherchée de nos jours, c'est bien en cette matière. Alors, vos remarques... »

 

   

Baudelaire jalouse « le sommeil stupide » des animaux : « Je jalouse le sort des plus vils animaux / Qui peuvent se plonger dans un sommeil stupide ».

Cioran regrette la malédiction de l'intelligence et envie l'inconscience des fleurs : « Je suis de plus en plus certain que l'homme est un animal malheureux, abandonné dans le monde, condamné à se trouver une modalité de vie propre, telle que la nature n'en a jamais connu. Sa prétendue liberté le fait souffrir plus que n'importe quelle forme de vie captive dans la nature. Rien d'étonnant, par conséquent, à ce que l'homme en arrive parfois à être jaloux d'une plante, d'une fleur ».

A les lire, j'éprouve un sentiment d'orgueil car ce qui leur était manifestement refusé m'est généreusement accordé. Nulle trace d'envie ni de jalousie, mon âme est comblée et, du fond de ma chambre, je médite de faire front commun avec les animaux et les fleurs pour constituer une internationale de la bêtise.

Du haut de ma supériorité, je plains Baudelaire et Cioran : il me faut si peu - une remarquable économie de moyens - pour plonger dans cet état qui leur faisait si fort envie.

   

 

Il y a une béatitude à laquelle j'aurais eu accès dès cette vie et avec une facilité déconcertante. Ni ascèse, ni renoncement, ni privations, ni mortifications, ni chemin de croix, ni méditations ne m'auront été nécessaires. Pour connaître cet état de contentement simple, il suffit de m'asseoir et de laisser mon esprit à lui-même : la bouche entrouverte, le regard vague, le corps affalé, la tête vide, et me voilà béat comme un coing.

 

 

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agnes brives 11/11/2010 19:48



merci pour tes bons mots !


J'adore les coings !


A bientôt .


Agnès.