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Le blog de Christophe Lamoure

Fabius, va-t-en-guerre ?

11 Novembre 2013 , Rédigé par Christophe Lamoure Publié dans #Revue de presse

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On se souvient du désir féroce, exhibé il y a quelques semaines, des gouvernements français et états-uniens d'en découdre sans plus de délai avec la Syrie. Il était question de la frapper militairement - et chirurgicalement, bien entendu, c'est-à-dire en épargnant miraculeusement la population civile - pour la ramener à la raison - une raison qui, en l'occurrence, n'est autre que la raison du plus fort, et non la raison du droit, puisque le conseil de sécurité de l'ONU n'avait pas donné son aval.

Fort heureusement, une voie diplomatique a été trouvée - quand la France et les Etats-Unis clamaient qu'elle était une impasse et qu'ils travaillaient ardemment à  la discréditer. Elle a permis de contraindre le pouvoir syrien à renoncer à son programme nucléaire militaire en acceptant une surveillance et une destruction des installations rendant possibles le développement de sa capacité nucléaire militaire.

Les négociations se poursuivaient cette fin de semaine avec l'Iran, cette fois-ci, pour conduire à terme un accord sur cette question du nucléaire et éteindre un autre foyer  pouvant conduire à terme à un conflit militaire. Las, elles ont échoué et la France, en la personne de son ministre des affaires étrangères, M. Fabius, semble porter une grande responsabilité dans cet échec.

En marge, on notera, sans surprise, l'énergie médiatique débordante dispensée par l'activiste Bernard-Henri Lévy, pour favoriser une heureuse issue vers la guerre, qu'il n'aime pas, ainsi que l'affirme le titre d'un de ses improbables essais, mais qu'il n'a de cesse de promouvoir, sans qu'il soit possible de discerner dans son discours le moindre scrupule. Sans doute, cette absolue certitude et cette tranquille résolution à propager la mort et le malheur sont-elles le privilège des prophètes, visité régulièrement par le Très-Haut. Son goût du dialogue se tient au chaud dans le cercle de ses amis ou alliés, c'est-à-dire de ceux qui partagent ses opinions et ses intérêts. Vive la diplomatie de l'entre-soi !

 

Christophe Lamoure 

 

 

SOURCE :

http://www.lexpress.fr/actualite/monde/nucleaire-iranien-la-france-intransigeante-et-vivement-critiquee_1298298.html

Nucléaire iranien: la France intransigeante... et vivement critiquée

 

Par LEXPRESS.fr, publié le 09/11/2013 à  07:26, mis à jour à  20:25

Alors que les diplomates occidentaux s'efforcent toujours samedi soir à Genève de lever les obstacles à un accord sur le programme nucléaire iranien, l'intransigeance de la France est de plus en plus critiquée. 

La France, représentée par Laurent Fabius, va-t-elle faire échouer les négociations? Alors que les diplomates occidentaux s'efforcent toujours samedi soir à Genève de lever les obstacles à un accord sur le programme nucléaire iranien, l'intransigeance des Français est de plus en plus critiquée.  

Concrètement, c'est l'insistance du chef de la diplomatie française Laurent Fabius à demander un engagement plus fort de l'Iran sur certains volets de son programme nucléaire - susceptibles d'avoir une vocation militaire- qui énerve tant les négociateurs occidentaux que Téhéran. L'Iran a même émis l'hypothèse d'un nouveau cycle de discussions dans environ une semaine du fait de ces divergences entre Occidentaux.  

Laurent Fabius tente "de se donner de l'importance tardivement"

"Les Américains, l'Union européenne et les Iraniens ont travaillé de façon intensive pendant des mois sur cette proposition et ce n'est rien de plus qu'une tentative par Fabius de se donner de l'importance tardivement", a déclaré à des journalistes un diplomate occidental. Après un entretien avec son homologue iranien, Laurent Fabius a de son côté estimé que "des questions importantes subsistent, en particulier sur le réacteur d'Arak, ainsi que sur le stock et l'enrichissement de l'uranium". 

"Nous voulons éviter l'euphorie du verre à moitié plein", dit-on dans la délégation française, rappelant qu'en 2003-2004 un accord sur la suspension de l'enrichissement d'uranium par les Iraniens avait volé en éclats.  

Ne pas manquer cette "occasion exceptionnelle"

De Téhéran, le président Hassan Rohani, dont la nouvelle politique a permis une reprise et une intensification du dialogue direct entre Iraniens et Américains, a appelé à ne pas manquer cette "occasion exceptionnelle" d'avancer après dix ans de confrontation sur ce programme soupçonné par les Occidentaux de comporter un volet militaire en vue de la fabrication de l'arme atomique

"J'espère que les parties qui négocient avec l'Iran au sein du groupe 5+1 mettront à profit l'occasion exceptionnelle créée par la nation iranienne pour arriver à un résultat positif en un temps raisonnable", a affirmé Hassan Rohani, selon l'agence officielle de presse Irna. "Cette occasion a été créée avec l'élection du 14 juin", a-t-il ajouté, évoquant ainsi sa victoire à la présidentielle "dont l'un des slogans était l'entente constructive avec le monde'". 

L'Iran a prévenu, par la voix de son ministre des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif, que faute d'accord dans la soirée, au troisième jour des pourparlers, un nouveau cycle de discussions devrait être organisé dans sept à dix jours et que la négociation ne se prolongerait pas dimanche.  

L'attente d'un accord à Genève est à la mesure des espoirs suscités par l'élection d'Hassan Rohani, au ton plus mesuré, qui a fait depuis plusieurs gestes d'ouverture vers l'Occident et exprimé sa volonté de régler rapidement le contentieux sur le nucléaire. Le but pour l'Iran étant de lever les sanctions internationales qui accablent son économie.  

Les négociations portent sur un "accord intérimaire"

"Nous devons faire tout ce que nous pouvons pour saisir le moment et l'opportunité afin de parvenir à un accord que le monde n'a pas réussi à obtenir pendant longtemps", a rappelé le chef de la diplomatie britannique William Hague, qui paraît engagé à rapprocher les points de vue parmi les Occidentaux. Il s'est cependant voulu prudent et a expliqué qu'il était impossible pour le moment de dire qu'il "y aura(it) un accord ce soir". "Mais s'il n'y en a pas, nous devrons continuer dans les prochaines semaines, construisant sur les progrès déjà accomplis". 

Depuis la matinée, et pour le troisième jour, d'intenses consultations se sont poursuivies, sous la houlette de Catherine Ashton, la diplomate en chef de l'UE, mandatée par l'ONU. Les discussions à deux ou à trois se succèdent. Les États-Unis, la France, l'Allemagne, la Grande-Bretagne, la Chine et la Russie négocient avec l'Iran un "accord intérimaire" sur le programme nucléaire iranien avant de passer à un accord permanent.  

Israël "rejette totalement" l'accord en discussion

Les six puissances soupçonnent l'Iran de vouloir acquérir l'arme atomique sous le couvert d'un programme civil, ce que Téhéran dément. L'accord en projet, avec une expérimentation sur six mois, porterait sur un allègement de sanctions avec un engagement en contrepartie de l'Iran de suspendre en partie ou totalement l'enrichissement d'uranium, un processus qui permet, poussé à 90%, de fabriquer une bombe nucléaire. 

Le réacteur à eau lourde d'Arak (deuxième filière pour obtenir une arme atomique avec cette fois du plutonium), évoqué par Laurent Fabius, doit entrer en service l'été prochain. Une fois qu'il fonctionnerait, il serait très difficile de l'arrêter, selon des experts. 

Isaraël a très vivement mis ne garde contre un éventuel accord avec l'Iran qui ne permettrait pas de démanteler son programme nucléaire. 

 

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