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Le blog de Christophe Lamoure

La pierre d'Epictète

30 Mars 2009 , Rédigé par Christophe Lamoure Publié dans #Textes Bibli

 

Une réflexion dans le manuel d 'Epictète m'a laissé songeuse : «  il faut écouter comme une pierre ».
J'ai imaginé la scène suivante :

Un philosophe vient demander conseil à une pierre : « on me dit qu'il faut écouter comme une pierre, explique-moi ce que cela veut dire ». La pierre, perplexe, consent à rompre son silence tout stoïcien.

« Il me semble que ma première qualité, sans me vanter, est d'être en harmonie avec mon environnement.

Là où tu me vois, je ne peux être ailleurs. T'es-tu jamais demandé qui m'avait mis là ?

Éruption, tremblement, chaos, cours d'eau ou promeneur solitaire... Cela n'intéresse personne et moi encore moins que les autres, je suis là en toute nécessité. Ma place ne dépend pas de moi ; aujourd'hui ici, demain ailleurs, toujours dans le monde dont je suis qu'une partie de l'édifice.

Je suis inscrite aussi dans la durée : le temps présent certes, mais je suis aussi le témoin d'un passé vivant qui marque durablement la nature ; de même, je suis garante d'une actuelle éternité : je suis la succession de tous les temps.

Tu diras ...ton enveloppe te limite...oui, et cela affirme ma volonté. Car, de la sorte, elle ne m'échappe en aucune manière, ne me joue pas de tours. J'en suis le maître tout puissant, le possesseur infini. Je suis le mode d'être par excellence : entière, une , indivisible ; rien autour de moi ne m 'appartient hormis mon être.

Tu diras...ton enveloppe est pauvre...oui, et c'est ce qui fait ma richesse, ma pureté, mon authenticité. Je ne suis pas une apparence, un leurre. Ma surface est celle que tu vois, sans surprise. Il y a en moi concordance entre ce que tu vois et ce que tu ne vois pas. Je suis noyau sans fioriture, brut, nu et pourtant si solide.
Tu diras ...tu ne fais envie à personne...non, et je ne fais rien pour me faire admirer, et même le contraire, car je peux devenir l'obstacle qu'il faudra gravir. Et je n'en suis que plus convoitée...

Je suis la force incarnée : mon vouloir et mon pouvoir ne font qu'un. Complètement impuissante sur le monde et sur les autres, je suis toute puissante sur moi-même. Je suis ajustée à moi même. JE suis l'essence même...


Alors le philosophe pensif, reprenant sa marche, lui lança : es-tu heureuse au moins ?

La pierre resta de marbre et ne répondit rien...


Anne-marie (atelier du mardi).

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tiopeaz 08/04/2010 16:32



belle histoire ! la chute est parfaite ;)