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Le blog de Christophe Lamoure

Duo

21 Mars 2009 , Rédigé par Christophe Lamoure Publié dans #Textes Bibli

 

Atelier de lecture et d’écriture philosophiques


A propos du Manuel d’Epictète




Il est mort à l’âge de 21 ans.

Suicide.

Ce n’était pas mon fils mais il était de ma famille, si proche …


Depuis, j’ai souvent, dans ma main droite, un petit recueil, un recueil de poésie.

Je lis et relis, inlassablement, le poème que François de Malherbe écrivit à son ami, Monsieur Du Périer, en 1598, pour le consoler de la mort de sa fille.


Aujourd’hui, dans ma main gauche, je tiens un manuel, un manuel de philosophie. Celui d’Epictète.

Je lis et relis, inlassablement, ce que le philosophe dit de la mort.


Quand la poésie et la philosophie jouent harmonieusement cette partition stoïcienne à deux voix, j’entends de mieux en mieux, derrière la mort, la petite musique de la vie.



Nul besoin de longs commentaires, juste écouter ce duo qui, au-delà du temps et de l’espace, nous permet de penser plus juste et d’apaiser la souffrance.


Epictète, à gauche :


Il y a des choses qui dépendent de nous, il y en a d’autres qui n’en dépendent pas.

Si tu as de l’aversion pour la mort, tu seras malheureux.

Si tu veux que tes enfants vivent toujours, tu es un sot.

Quelqu’un perd-il son fils ? Il n’est personne qui ne dise «  C’est dans l’ordre humain ». Mais quand on fait cette perte soi-même, aussitôt on dit « Hélas ! infortuné que je suis ! » Il faudrait se souvenir de ce qu’on éprouvait à l’annonce du même événement survenu chez les autres.

François de Malherbe, à droite :

Ta douleur, Du Périer, sera donc éternelle,

Et les tristes discours

Que te met en l’esprit l’amitié paternelle

L’augmenteront toujours ?


Le malheur de ta fille au tombeau descendue

Par un commun trépas,

Est-ce quelque dédale où ta raison perdue

Ne se retrouve pas ?


Epictète, à gauche :


Lorsque tu vois un homme qui gémit dans le deuil, prends garde de te laisser emporter par l’idée que les maux dont il souffre lui viennent du dehors.

Mais sois prêt à dire aussitôt : « ce qui l’afflige ce n’est point ce qui arrive, car un autre n’en est pas affligé ; mais c’est le jugement qu’il porte sur cet événement ».

N’hésite donc, même par la parole, à lui témoigner de la sympathie, et même, si l’occasion s’en présente, à gémir avec lui. Mais néanmoins prends garde de ne point aussi gémir du fond de l’âme.


François de Malherbe, à droite :


Je sais de quels appas son enfance était pleine,

Et n’ai pas entrepris,

Injurieux ami, de soulager ta peine

Avecque son mépris.


Mais elle était du monde, où les plus belles choses

Ont le pire destin,

Et rose elle a vécu ce que vivent les roses,

L’espace d’un matin.



*****



Participation à l’atelier d’écriture

Mireille

13.03.09



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