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Le blog de Christophe Lamoure

DIALOGUE

18 Mars 2009 , Rédigé par Christophe Lamoure Publié dans #Textes Bibli


Lui :
Bonsoir chérie, as-tu passé une bonne après-midi ?
Elle :
Tu rigoles, il a flotté toute la journée, j'ai dû annuler mon tennis, j'ai regardé Drucker à la télé, quel dimanche pourri !
Lui :
Tu aurais dû en profiter pour lire “ Epictète pour les nuls “ que je t'ai offert, tu aurais compris qu'il est vain de te plaindre de quelque chose, la pluie et le beau temps, qui ne dépend pas de toi. Tu aurais pu ensuite aller prendre un chocolat chez Miremont avec Maïté et méditer sur la pensée stoïcienne.
Elle :
Un chocolat, tu n'y penses pas, j'ai 3 kilos de trop et je ne sais pas si j'oserai me montrer sur la plage cet été.
Lui :
Quelle vanité : le stoïcien, même débutant, se moque complètement des apparences et de l'opinion des autres ; il ne compte que sur lui même pour accéder au bonheur.
Elle :
Et toi tu es encore tout trempé, tu reviens d'où ?
Lui :
Je suis allé au cercle stoïcien d'Anglet, j'ai travaillé avec mon coach, Christophe ; il m'a dit que je progressais très bien et que, avant l'été, je pourrais accéder au niveau 6 sur l'échelle d' Epictète.
Elle :
Qu'est-ce que tu nous prépares encore ? Tu te rappelles que pour passer au niveau 4 tu as renoncé volontairement au poste de chef de service que ton patron te proposait : c'est cet imbécile de Colin qui a pris le poste et qui est maintenant ton chef.
Lui :
Je devais le faire : on ne peut pas à la fois rechercher la sagesse et courir après un misérable pouvoir sur les hommes. D'accord, je dois suivre les ordres stupides de Colin, mais je n'ai aucun respect pour lui et je suis en paix avec moi-même.
Elle :
Ensuite, pour passer au niveau 5, tu as vendu à ton cercle pour une bouchée de pain la belle maison avec vue sur l'océan que tu avais héritée de tes grands parents. Nous avons dû nous installer dans un immeuble délabré du petit Bayonne.
Lui :
Cette maison était certes agréable, mais son entretien demandait beaucoup de temps et d'argent ce qui me maintenait dans une dépendance infernale. La liberté intérieure ne peut s'atteindre que si on ne perd pas son temps avec des soucis matériels. J'occupe un emploi subalterne, je vis dans un appartement minable, ainsi je commence à me détacher mais je ressens une grande force intérieure ; je suis sur la voie du bonheur.
Elle :
Et mon bonheur à moi, tu y penses parfois ?
Lui :
Justement, j'y arrive : il me reste un gros problème à résoudre pour progresser de façon irréversible vers le niveau 10, celui des grands maitres stoïciens.
Elle :
Quel est ce problème ?
Lui :
Mon problème c'est que je t'aime : j'aime ta beauté, ta présence, ta gentillesse, ton humour, tes caresses. J'aime la vie quotidienne avec toi.
Elle :
Alors où est le problème, moi aussi je t'aime…. malgré le comportement bizarre que tu as depuis que tu fréquentes ta sec...., ton cercle.
Lui :
C'est que ma vie, ma pensée, mon bonheur dépendent beaucoup trop de toi : par mon amour je me suis mis sous ta dépendance totale. Si tu pars ou si tu meurs, je serai détruit. Je ne peux pas continuer à vivre avec ce risque insensé qui me hante : je vais me séparer de toi.
Elle :
Mais tu déraisonnes totalement : en te séparant de moi tu provoques ce que tu redoutais.
Lui :
J'ai enfin pris conscience que je devais payer ce prix pour gagner définitivement ma paix et ma liberté intérieures ; en me séparant de toi, je regagne mon indépendance par un geste qui dépend de moi et qui me rendra fort comme un roc.
Elle :
C'est vrai que l'amour durable dans le couple est fondé sur la dépendance, mais cette dépendance est mutuelle : ton bonheur dépend de moi, mon bonheur dépend de toi. Notre bonheur dépend de nous deux et seulement de nous deux : on pourrait dire que en couple nous sommes stoïciens.
Lui :
Non, Epictète est formel : “ Quiconque veut être libre ne doit ni vouloir ni refuser quoi que ce soit des choses qui dépendent des autres. Sinon il est nécessaire qu'il soit esclave.“
Elle :
Quel gâchis. As-tu pensé à ce que j'allais devenir ?
Lui :
Fais comme moi, recherche ton bonheur par toi-même et pour toi- même. Je te ferai admettre au cercle et dans quelques mois tu comprendras mieux ma démarche et nous pourrons transformer notre ancien amour aliénant en une belle amitié stoïcienne.
Elle :
Pas question de faire un pas vers ton stoïcisme maudit. Je vais continuer à râler contre la pluie, perdre mes 3 kilos et demander une augmentation à mon patron. Je vais aussi chercher du réconfort en m'inscrivant a ce club épicurien bayonnais dont Michel m'a parlé l'autre jour.

          Michel LAUNAY (atelier du jeudi).




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agnes brives 24/03/2009 20:18

Merci pour ce petit texte sur le couple; Epictète as t il écrit sur la paix dans le ménage ?C'est bien drôle ; bon , il faudrait voir maintenant comment Epicure négocie le couple ...On en a pour des années avec toi Christophe !A bientôt.   Agnès .