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Le blog de Christophe Lamoure

Notes sur la guerre

12 Mars 2009 , Rédigé par Christophe Lamoure Publié dans #Textes

 




L’approche philosophique de la guerre, sa spécificité : qu’est-ce que la guerre ?

Toujours accompagnée de la question conjointe et indissociable : qu’est-ce que la paix ?


Que, traditionnellement, les thèses philosophiques s’affrontent sur la question de savoir si ce qui est premier dans les rapports humains, c’est la guerre ou la paix.

Que, d’après moi, ni la guerre ni la paix ne sont premières mais toujours secondes.

Qu’est première la confusion – que même, ce serait une façon de caractériser l'ordre humain que d'énoncer qu'il est ce qui introduit de la confusion dans l'ordre général de la nature - et que la guerre ou la paix sont deux façons distinctes d’introduire dans cette confusion un certain ordre (mettre le monde en paix ou le mettre au pas).

Donc que la paix est un certain ordre des choses humaines et que la guerre est un certain ordre des choses humaines mais qu’aucun cas la paix ne représenterait l’ordre face à la guerre qui incarnerait le désordre.

Que guerre et paix sont une certaine logique ordonnatrice d’une réalité humaine donnée.

Que c’est parce que ce sont deux modalités d’organisation du désordre et d’instauration et de défense d’un ordre, qu’elles se ressemblent étrangement parfois et même se confondent. N’a-t-on pas appelé guerre froide une période qui finalement a plutôt fait une part belle à la paix ? N’y a-t-il pas aussi des moments de paix qui évoquent une forme insidieuse de guerre, ainsi aujourd’hui ?

Qu’alors on est parfois embarrassé pour déterminer si le temps que l’on vit est un temps de paix ou un temps de guerre.

Que pourtant elles sont radicalement hétérogènes.

Que c’est au détriment de la paix que la confusion opère, que la confusion n’est jamais que le masque de la guerre.

Peut-être devrait-on alors distinguer la paix de la guerre - la paix issue de la guerre - et la paix de la paix - la paix provenue de la paix.

La paix de la guerre se fait à partir d’un partage de ce qui existe. Or toute distribution sur ce qui existe est provisoire, contestable, arbitraire et appelée à de nouveaux remaniements, donc origine de nouvelles guerres.

Une paix qui ne s’ordonnerait pas autour d’un partage : ce qu’on peut partager est toujours fini et dès lors implique du plus et du moins, de l’avantageux et du désavantageux. L’autre dans une telle perspective est celui qui me prive de quelque chose que je pourrais avoir. Si j’accepte cette privation ce sera nécessairement et rationnellement sur la base de mon intérêt bien compris : dans les circonstances actuelles, il est de mon intérêt de céder cela pour préserver ou défendre ceci. Mais les circonstances, par nature, changent, se transforment et dès lors le calcul de mon intérêt, règle de mon action, peut m’amener à considérer que je peux acquérir ce que j’avais jusque-là cédé. Cette logique est sans fin, ce qui signifie, si l’on s’en tient à cette perspective, que les hommes sont condamnés à vivre dans un état de guerre perpétuelle, guerre déclarée ou guerre larvée.

Que peut-on partager qui ne se divise pas ? Le partage doit porter sur une réalité immatérielle – tout ce qui est matériel est divisible.

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